Si j’étais Assange, je me livrerais

Ma petite réaction au sujet de la demande d’asile politique d’Assange a fait jaillir dans ma timeline les commentaires de beaucoup de réactionnaires.

Ce bruit nauséeux, qui frise avec les pensées les plus brunes de notre histoire, m’a fait deux secondes me mettre à la place d’Assange. Si j’étais lui, qu’est-ce je ferais ? Je connais bien mal son dossier, son histoire, mais, à le lire, il me semble qu’humainement le statu quo ne peut pour lui se prolonger. Donc, je me livrerais à la police britannique, avec force avocats autour de moi, TV et tout le reste.

  1. Parce que Wikileaks n’a plus besoin de moi pour continuer son œuvre.
  2. Parce que même si je n’ai plus aucune confiance dans les systèmes judiciaires occidentaux (qui s’autorisent à espionner, tuer, manipuler comme Wikileaks l’a révélé à de multiples reprises depuis 2006), j’ai confiance en mes amis politiques dispersés aux quatre coins du monde (et je suis sûr qu’ils feront tout pour me venir en aide).
  3. Parce que si je suis immédiatement extradé vers les États-Unis plutôt que jugé pour viol en Suède, tout le monde aura la preuve que cette accusation n’était qu’un coup monté.
  4. Parce que, pour mes amis politiques, je ne peux laisser planer le doute quant à ma probité. Je veux que cette accusation de viol soit définitivement éclaircie.
  5. Parce que je suis dans une situation invivable.
  6. Parce que la meilleure défense est parfois l’attaque.

Mais je ne suis pas Assange, je ne suis pas en position de me faire interner, d’être faussement accusé de crime… et peut-être vaut-il encore mieux vivre dans cinq mètres carrés en pouvant communiquer avec le monde que dans une cellule coupée du monde. Tant qu’Assange est connecté, il nous est utile.


Suite | 2015 | Sommaire | Texte publié dimanche 5 juillet 2015